Greenpeace rĂ©agit Ă un nouveau projet de loi dite « dâurgence agricole » passĂ© il y a quelques semaines en conseil des ministres. Cette nouvelle loi va ĂȘtre prĂ©sentĂ©e par le gouvernement courant mai Ă lâAssemblĂ©e nationale. Elle avait Ă©tĂ© annoncĂ©e par le Premier ministre Lecornu en janvier pour ârĂ©pondre aux mobilisations des agriculteurs.â Ces mobilisations contestaient la stratĂ©gie sanitaire mise en place pour lutter contre la DNC (abattage total des vaches lorsquâun troupeau est contaminĂ©), et posaient une nouvelle fois la question du revenu des agriculteur·trices.
Lâeau est notre bien commun le plus prĂ©cieux. Pourtant, courant mai, lâAssemblĂ©e nationale dĂ©battra dâun projet de loi qui pourrait accĂ©lĂ©rer son accaparement par lâagriculture industrielle. PrĂ©sentĂ© comme une rĂ©ponse dâurgence aux difficultĂ©s du monde agricole, le texte ressemble surtout Ă un cadeau politique fait Ă la FNSEA, syndicat majoritaire qui dĂ©fend les grandes exploitations cĂ©rĂ©aliĂšres.
Le problĂšme est central : cette loi parle de qui aura le droit dâutiliser lâeau, pour quels usages, et au dĂ©triment de qui. En facilitant le stockage de lâeau pour certains modĂšles agricoles, elle risque de renforcer les inĂ©galitĂ©s dâaccĂšs Ă une ressource dĂ©jĂ fragilisĂ©e par les sĂ©cheresses, les pollutions et le changement climatique.
Et comme si cela ne suffisait pas, lâagro-industrie sâoppose Ă toutes les mesures qui permettraient de protĂ©ger durablement cette ressource. DerriĂšre les discours sur la âsouverainetĂ© agricoleâ, câest donc une autre bataille qui se joue : celle de lâeau, du vivant, et du modĂšle agricole que nous voulons dĂ©fendre.
